Dans les mois à venir, nous organiserons des collectes de livres et j’inviterai la population ontarienne à participer aux programmes de connaissances informatiques pour les jeunes autochtones. Entretemps, restez à l’affût des nouvelles!
“L’HONORABLE DAVID C. ONLEY, O.ONT.”
Dans le Nord de l'Ontario, nous sommes confrontés à des conditions dignes du tiers-monde — des jeunes qui sont à peu près illettrés, et donc qui ne pourront jamais fonctionner dans l'économie mondialisée d'aujourd'hui, où il faut avoir fait des études.
Je m'appelle James Bartleman, je suis le lieutenant-gouverneur de l'Ontario, et une de mes passions est l'alphabétisation. Une de mes grandes priorités à titre de lieutenant-gouverneur de l'Ontario est de promouvoir l'alphabétisation et la santé mentale parmi les jeunes autochtones. C'est que je suis moi-même d'origine autochtone. Je suis membre de la Première Nation Mnjikaning.
J'ai été vraiment choqué quand je suis devenu lieutenant-gouverneur et que j'ai découvert, quand j'ai voyagé dans le Nord de l'Ontario, qu'il n'y avait eu aucun progrès, vraiment, pour ce qui est de la situation par rapport à quand j'étais un jeune dans le Nord, et on pouvait voir que les enfants en souffraient. Ils sont, en moyenne, cinq ans en retard par rapport aux enfants non autochtones en termes d'alphabétisation, et le taux de suicide des adolescents est 10 fois plus élevé que le taux des enfants non autochtones. Les enfants manquent d'amour-propre, et je pense qu'il y a un lien entre le degré d'alphabétisation et l'amour-propre. Quand une personne ne sait ni lire ni écrire, elle a moins d'amour-propre, et donc ces enfants abandonnent tout simplement et meurent en grand nombre.
Donc j'ai eu l'idée de colonies de vacances sur l'alphabétisation et la santé mentale. Avec l'aide de la Fondation Trillium, et ensuite avec l'aide d'autres donateurs, à l'été 2005 nous avons organisé cinq camps : Muskrat Dam, North Caribou, Neskantaga, Kingfisher Lake et Fort Albany. Mais je suis vraiment heureux que PhotoSensitive, une association de journalistes professionnels qui donnent de leur temps à de bonnes causes, ait accepté de se rendre aux cinq camps d'alphabétisation et de santé mentale cet été pour prendre des photos afin de montrer au grand public la réalité de la vie dans le Nord, avec ses joies et ses tragédies. Ces photographies sont tout simplement superbes.
Environ 365 enfants ont participé. Je pense que c'était un grand succès. Il y avait environ 1200 $ par enfant pour trois semaines de camp, pendant lesquelles les enfants ont été exposés à l'alphabétisation, mais d'une manière amusante. Nous avons apporté des livres, les enfants ont tenu un journal, ils ont écrit, certains d'entre eux ont même écrit des poèmes. Il y avait des sports, il y avait des arts visuels, et la joie dans les visages de tous ces enfants faisait plaisir à voir.
Celle-ci, je l'aime. Je pense que ses parents et tous les éducateurs seraient heureux de voir un garçon de son âge qui prend le temps et qui fait l'effort d'apprendre à lire, et qui aime les livres. Sur celle-ci, Franklin's Secret Club, il y a un moniteur qui aide une fille à lire un livre, et à l'arrière-plan, une autre fille lit un livre. C'est exactement le genre de chose que nous voulons voir.
L'initiative des colonies de vacances d'alphabétisation pour les autochtones représente une sorte de point culminant du processus par lequel j'avais commencé à l'origine, c'est-à-dire recueillir des livres pour les écoles. Elle a pour but de combattre le suicide par l'alphabétisation et la santé mentale. Ce que nous devons faire, c'est de nous assurer que les enfants autochtones, pendant les mois d'été, lorsqu'ils ne sont pas à l'école, qu'ils sont sans emploi et qu'ils ne savent pas trop quoi faire, puissent rester en contact avec les livres et la littérature, et également qu'ils participent à des activités qui sont amusantes et qui les valorisent.
Cette image montre — je pense qu'elle symbolise le rapport extrêmement étroit qui s'est développé entre les moniteurs qui viennent du sud et les enfants autochtones. Les colonies de vacances leur donnent de l'espoir. Les colonies de vacances montrent aux enfants autochtones que le monde non autochtone au sud se soucie d'eux.
Cette photo d'un jeune garçon avec un décalque d'oiseau sur la joue montre, à mon avis, le potentiel de l'enfant, le potentiel qui peut être atteint par l'alphabétisation, par l'encadrement, par l'amour-propre ou, dans le sens contraire, vers le désespoir et le suicide.
Dans les localités où j'ai tenu mes camps, il n'y a eu aucun suicide d'adolescent cet été. Or, dans les localités environnantes, il y en a eu. Je pense que nous sommes sur une piste intéressante. Je pense que si nous faisons 20 ou 30 camps par an à l'avenir, nous serons sur la bonne voie pour améliorer l'alphabétisation et réduire le taux de suicide.